Le microPhazir évalué par l’ULSB

mai 24 09:13 2018

Quelle confiance accorder au microPhazir, seul détecteur d’amiante portable présent sur le marché ? Son fabricant Fondis avait déjà répondu en partie à cette question avec une étude du LNE (Laboratoire national de métrologie et d’essais) en 2014, révélant à la fois des faux positifs et faux négatifs. Nouvelle étude, même conclusions. Conduite par l’ULSB (Union des laboratoires de santé du bâtiment), l’étude s’intéresse aussi à la dernière génération d’appareils. Résultat des courses, si le le microPhazir 2 se révèle plus performant que son prédécesseur, l’ULSB relève encore des « écarts significatifs » entre les résultats fournis par l’appareil et ceux des analyses labo.

Faux négatifs

Au total, 282 matériaux et produits de construction ont été testés avec le microPhazir (première et deuxième génération) puis comparés aux analyses de neuf laboratoires indépendants, tous accrédités par le Cofrac. Verdict, quand le microscope (Molp et/ou Meta) conclut à la présence d’amiante pour 156 matériaux, le microPhazir première génération n’en voit que 52 produits, donnant ainsi 84 faux négatifs et 21 résultats qualifiés « douteux » par le rapport d’étude. Le microPhazir de deuxième génération fait mieux, puisque sur ce même échantillon, il détecte 95 matériaux et produits amiantés et donne 33 faux négatifs et 29 « douteux ».

Et sur les quatre matériaux de référence HSL (Health & Safety Laboratory) utilisés dans le cadre des essais inter-comparaisons des laboratoires accrédités Cofrac, aucun des deux détecteurs première et deuxième génération, n’a pu conclure à la présence d’amiante en faible teneur. « En effet, la sensibilité du MicroPhazir est nulle pour cette catégorie
d’échantillons. »

Pour l’ULSB, le verdict est sans appel : « Les résultats de l’étude ont mis en évidence un nombre important de faux négatifs, 29,8% pour le microPhazir 1 et 11,7% pour le microPhazir 2, c’est-à-dire un nombre d’échantillons dans lesquels l’amiante n’a pas été détecté par le microPhazir qui sont détectés positifs par les laboratoires accrédités Cofrac. » Et ce constat vaut « pour la majorité des matrices des matériaux du bâtiment », quelle que soit la matrice. Les faux positifs restent en revanche marginaux (0,7% pour le microPhazir 1 et 0,3% pour le microPhazir 2). Sans le dire de façon explicite, le rapport de l’ULSB invite donc à la plus grande prudence, et à cantonner le détecteur d’amiante portable dans le rôle d’outil d’aide au sondage, comme le prévoit la norme NF X 46-020.

Accéder au rapport de l’étude sur le site de l’ULSB

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Christophe Demay
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1 Commentaire

  1. BAILLET
    juin 03, 22:22 #1 BAILLET

    Bref rien de nouveau au pays du labo! cette nouvelle étude, non contradictoire, évite comme les précédentes de s’entourer de tiers indépendants comme les opérateurs de repérage. Donc circulez, il n’y a rien de probant.
    Et quel intérêt de produire cette étude alors même que le CSTB a été chargé d’étudier plusieurs solutions de détection portative dans le cadre du PRDA…
    De toute façon, le phazir 1 ou 2 reste un outil de sondage, comme mon pied coulisse, ma loupe ou mon luminancemetre, pas un moyen d’analyse. Fermer le ban aux polémiques stériles, merci.

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