Le Salon des professionnels de l’amiante: le rendez-vous de la filière

septembre 14 15:31 2018

Le Salon des professionnels de l’amiante 2018, à la Villette, c’est fini. Avec une centaine d’exposants et quelque 2 700 visiteurs, cette quatrième édition, sur deux jours a à nouveau été riche en rencontres et en découvertes. Bref aperçu de ces deux journées.

L’actu. Pour le repérage avant-travaux des immeubles bâtis, il faudra encore patienter. Le projet de décret modificatif entendait conserver l’échéance du 1er octobre 2018 annoncée par le décret du 9 mai 2017, mais ça coince au niveau des discussions interministérielles. Un nouveau projet de décret modificatif devrait donc voir le jour et reporter également l’entrée en vigueur du repérage avant-travaux dans les immeubles bâtis. Pour les autres domaines de l’avant-travaux (navires, aéronefs, installations industrielles…), il est toujours envisagé de reporter l’échéance à 2020. En attendant, même si ce repérage avant-travaux demeure non encadré, il reste obligatoire au titre de l’évaluation des risques. A l’occasion du salon, il aura notamment été question des repérages en dehors du bâti, notamment pour le matériel roulant ferroviaire ou à bord des navires, objet d’une conférence.

Rencontres. 2700 visiteurs recensés à la fermeture, on l’a dit. Et forcément, comme chaque année, on a croisé tout le petit monde de l’amiante sur ce salon. Justement, on a rencontré Sylvie Lesterpt, cheffe du pôle amiante au ministère du Travail. On en a profité pour lui demander ce qu’il fallait entendre sur la notion de « quantité estimée » dans le décret du 9 mai 2017. Car avec l’avant-travaux, on le rappelle, l’opérateur ne devra plus se contenter de préciser la nature et la localisation des matériaux et produits amiantés, il devra aussi fournir une « quantité estimée ». La DGT (Direction générale du travail) confirme, il s’agit bien d’une estimation, sur le modèle de ce qui existe déjà pour le diagnostic déchets avant-démolition en place depuis 2013. Des ordres de grandeur, donc, des matériaux et produits en place, mais pas une étude précise.

Nouveautés. Nombreuses, encore nombreuses cette année, les exposants réservant la primauté de leurs nouveautés au Salon. Les Trophées de l’innovation, les premiers du genre organisés par le salon, auront d’ailleurs été l’occasion de décerner différents prix à des innovations de la filière. On retiendra également le lancement en grande pompe par Lapro, de l’Ultimate GX: un appareil de protection respiratoire à double surpression, véritable alternative aux solutions actuellement utilisées. « Une vraie rupture technologique » selon le fabricant qui a développé ce nouvel EPI durant quatre ans avant de le présenter sur le salon.

Développement. Beaucoup de projets en développement ont été évoqués au cours de ces deux jours. On pourrait ainsi parler d’Origami, pour « Outil de Repérage Intéractif pour la Gestion de l’AMIante ». Ou « l’intelligence artificielle appliquée au diagnostic », selon Alain Maugard, président du Plan de recherche et de développement amiante (PRDA), présent sur le SPA. Pour faire simple, il s’agit d’une plate-forme d’abord destinée aux maîtres d’ouvrage pour leur donner une probabilité de présence d’amiante dans les matériaux et équipements d’un bâtiment, en prenant en compte le type de construction, sa période, etc. Et comme toute base de donnée qui se respecte, celle-ci est naturellement amenée à s’étoffer au fil du temps pour gagner sans cesse en fiabilité. Le CSTB travaille déjà dessus depuis quelque temps, et toujours selon Alain Maugard, cette solution devrait voir le jour « sous 12 mois ».

L’indiscrétion. La nouvelle certification attaquée par l’Andeva, ça on le savait déjà. Mais petite info recueillie sur le salon, cela ne serait pas le seul recours déposé contre l’arrêté du 2 juillet 2018. En cause, l’absence de concertation avec la DGT, alors même que la certification amiante avec mention est sensée être utilisée comme socle de compétences pour le futur repérage amiante avant-travaux dans les immeubles bâtis. Le Conseil d’État dispose de deux mois pour examiner la recevabilité des recours, et la décision interviendra ensuite dans les huit mois… Trois possibilités : rejet des recours, annulation totale de l’arrêté, ou annulation partielle pour la partie amiante. Dans ces deux derniers cas, la décision du Conseil d’État aurait pour effet de renvoyer à la réglementation précédente.

Réclame. Dimag et Dimension Amiante, deux magazines servis par Cédille, aussi organisateur du salon on le rappelle, profitaient de ce rendez-vous pour lancer DimagJob, une toute nouvelle plate-forme dédiée à l’emploi dans la filière. Et puisque c’est le début, le dépôt des offres est gratuit.

La suite ? Si la Villette c’est fini pour cette année, le Salon des professionnels de l’amiante vous propose encore une date avant la fin 2018 avec une prochaine édition régionale du SPA: le 27 novembre 2018 à Bordeaux.

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Christophe Demay
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